La maison — 14 rue des Tanneurs
Le bistrot était là
bien avant nous
On sert à manger à cette adresse depuis 1936. Nous ne sommes que les derniers d'une longue lignée — et nous comptons bien être à la hauteur.
— le zinc, lui, n'a jamais bougé.
La chronique, en quatre dates
Marcel Verlu ouvre le bouchon
Un comptoir en zinc, six tables, et la quenelle de brochet de son épouse Jeanne au menu du premier jour. Le quartier adopte la maison immédiatement — il ne la lâchera plus.
Le père Verlu agrandit la salle
L'atelier du cordonnier voisin devient la deuxième salle. On passe à trente-quatre couverts — c'est toujours le chiffre d'aujourd'hui. Les photos de cette époque sont encore au mur.
Camille et Hugo reprennent
La petite-fille de Marcel quitte dix ans de cuisine étoilée à Paris ; son frère quitte la salle d'un grand hôtel. Promesse faite au grand-père : ne rien casser. Garder le zinc, garder les habitués, remettre le marché au centre de l'assiette.
Rien de neuf, et c'est très bien
La carte change toutes les six semaines, l'ardoise tous les matins. Le reste — les nappes en papier, les verres dépareillés, le petit noir de fin de repas — on n'y touche pas.
Une cuisine, une salle, deux têtes
Dix ans d'étoilés, un CAP passé à seize ans, et un carnet de marché tenu depuis 2009. Elle écrit la carte au crayon, barre sans pitié, et goûte tout, tout le temps.
Il connaît la table préférée de chaque habitué et le cahier de réservations par cœur. C'est lui qui vous répond — au téléphone comme dans la petite bulle en bas à droite.
La page des fournisseurs
Ceux qui remplissent
nos cagettes
Ils sont dans le carnet de Camille depuis des années. Quand un produit n'est pas à la hauteur, il ne monte pas dans la cagette — et le plat saute de la carte.
maraîchage bio, monts du Lyonnais — les légumes, quatre saisons sur quatre
œufs plein air et crème crue, plateau du Bugey — l'œuf mayo et les desserts
le brochet des quenelles, depuis trois générations
porc fermier et veau de Bresse — la terrine et la blanquette du mardi
café torréfié à la Croix-Rousse — le petit noir, jamais négocié
— et la boulangerie d'en face pour le pain, évidemment.
La maison — page 3
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La meilleure façon de connaître la maison, c'est d'y dîner.